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Rhone - Alpes

 

Ain

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Ardèche

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Drôme

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Savoie

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Haute-Savoie

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Ain

Superficie

5 554 km2

Point culminant

Crêt de la Neige 1 723 m.

Chef-lieu

Bourg-en-Bresse. 4 arrondissements, 38 cantons, 419 communes.

Population

471 019 hab. (recensement 1990)

Histoire

L'Ain semble avoir été depuis des millénaires une région frontalière et un carrefour de voies de communication fluviales ou terrestres. Cette situation explique à la fois la richesse de cette contrée et les luttes dont elle a été l'objet. L'époque préhistorique a laissé de nombreux sites, dont la Colombière et ses galets gravés. L'habitat gallo-romain fut dense, particulièrement sur les rives de la Saône et du Rhône, dans le Valromey et la région de Nantua où se dressent encore les trois colonnes du temple d'Izernore. Le Moyen Age n'a été bien souvent qu'une succession de luttes entre les grands féodaux et la maison de Savoie qui, partie de la région de Belley, finit par occuper au 15ème toute la Bresse et le Bugey, à l'exception de la petite principauté de la Dombes qui resta autonome jusqu'en 1781. L'hégémonie savoyarde prit fin brusquement au 16ème, lorsque le duc, après s'être opposé à Henri IV en une lutte sanglante, dut signer le traité de Lyon qui rattachait les pays de l'Ain à la France. Depuis cette époque, l'Ain a suivi la destinée française, tout en conservant son originalité propre et la diversité des provinces qui le composent.

Géographie

L'Ain présente un contraste géographique frappant : à l'Occident, une plaine légèrement inclinée vers le nord-ouest et bordée par la Saône présente un paysage à peine vallonné, couvert de bocages (la Bresse) et parsemé de centaines d'étangs dans le partie sud (la Dombes), tandis qu'à l'Orient les montagnes du Jura méridional s'élèvent brusquement au-dessus de la plaine bressane, en plis parallèles couverts de forêts de sapins et traversés par les "cluses"qu'empruntèrent de tout temps les voies de communication qui vont de France en Italie ou en Suisse. Le pays de Gex, séparé du reste du département par la dernière chaîne orientale du Jura, s'étend jusqu'au lac de Genève et se rattache géographiquement au bassin du Léman. La Saône qui constitue la limite ouest du département reçoit trois affluents principaux : la Reyssouze (76 km), la Veyle (68 km) et la Chalaronne (52 km), tandis que le Rhône, qui borde l'Ain à l'est et au sud, reçoit le Seran (50 km) et l'Ain (190 km), grossi lui-même de 118 affluents dont le Suran et l'Albarine.

Arts, activités et économie

La basilique de Brou, joyau de l'art gothique finissant et carrefour des civilisations européennes au début du 16ème, jouit d'urne célébrité justifiée; malheureusement cette renommée a éclipsé les innombrables édifices de toutes les époques dont le département est constellé. Les Eglises romanes, en général petites et sobres, valent plus par l'ensemble qu'elles forment que par la qualité de chacune d'entre elles; on retiendra cependant : St-André-de-Bâgé, St-Paul-de-Varax, Vendeins, Nantua. L'époque gothique a laissé, elle aussi, un grand nombre d'édifices, reflets de la richesse des villes médiévales (Notre-Dame de Bourg, cathédrale de Belley) ou de la puissance des monastères (Ambronay, Pierre-Châtel). De petits bourgs ont aussi gardé leurs pittoresques ensembles de maisons anciennes malgré les assauts des promoteurs; quelques villages, protégés par les dispositions légales, sont devenus des hauts lieux du tourisme, telle la cité médiévale de Pérouges. L'art militaire, dans cette région troublée, est bien représenté : chaque commune possède un ou plusieurs châteaux, allant de la ruine romantique, fréquente en Bugey, à la maison forte transformée au cours des âges en paisible gentilhommière, perdue au milieu des fermes à pans de bois et cheminées sarrasines dans le bocage bressan. L'art, comme la nature, a fait de l'Ain un pays de contrastes.

Ardèche

Superficie

5 511 km2

Point culminant

mont Mézenc 1 754 m.

Chef-lieu

Privas. 3 arrondissements. 3 cantons. 339 communes.

Population

277 581 hab. (recensement 1990)

Histoire

Les plateaux calcaires de l'Ardèche méridionale, tout constellés d'avens, abritent les témoins d'une population protohistorique, que les fouilles commencent à restituer. L'histoire débute avec les Helviens dont la capitale, Alba Augusta, sera détruite au 5ème. Viviers, planté sur un rocher au bord du Rhône, deviendra la résidence de l'évêque et donnera son nom au Vivarais médiéval qui est la partie cévenole de la province de Languedoc. Le Vivarais, étiré le long de la rive droite du Rhône, fouillis de hautes montagnes étagées au-dessus du fleuve, eut toujours plus de diversité que d'unité : Aubenas, Tournon, Annonay, Privas s'y disputèrent la prééminence. Les guerres de Religion eurent dans les Cévennes du Vivarais une âpreté incroyable, à l'image de ce sol tourmenté : Louis XIII et Richelieu détruisent Privas en 1629 pour venir à bout de la rébellion. Et pourtant, dans ce pays de contrastes, Olivier de Serres est resté le symbole de l'humanisme et de la tolérance, comme les Montgolfier et Marc Séguin ceux de l'invention et de la science créant l'industrie. Au 19ème l'essor de la sériciculture provoqua une prospérité qui n'est plus qu'un souvenir. Particulièrement éprouvée pendant la guerre de 1914-18, l'Ardèche s'est relevée avec peine et la nouvelle activité des petits centres de la vallée du Rhône contraste avec la désertification des hauts plateaux.

Géographie

Le Vivarais est une des provinces française la plus totalement montagneuse. Les Alpes, en se formant, ont relevé tout ce vieux rebord du Massif central. Le Rhône le borde sur 130 km, de Serrières à Bourg-Saint-Andéol. Le reste n'est qu'un fantastique amoncellement : au nord, les Boutières granitiques, crevassées de volcans, culminent au mont Mézenc (1 754 m) et au Gerbier-de-Jonc. Au centre, la coulée volcanique des Coirons arrive au bord même du Rhône où elle porte la forteresse de Rochemaure. Au sud, sous le Tanargue bleuté, ce sont les plateaux calcaires, vêtus de thym et de buis, qu'entaillent en canyons l'Ardèche et le Chassezac, la Beaume, l'Ibie; en été, ce sont ces canyons qui attirent le maximum de touristes. Les gorges de l'Ardèche, le bois de Païolive, la chaussée des géants du Thueyts, l'aven d'Orgnac, le suc du Gerbier-de-Jonc ont atteint une renommée européenne. Bien utiles aussi les falaises calcaires des bords du Rhône qui fournissent les ciments de Cruas et de Lafarge. C'est un pays superbe où les contrastes sont partout : entre la plaine et la montagne, entre le Nord et le Midi, entre l'olivier et le sapin. Les cultures fruitières sont la grande richesse agricole du pays : amandiers, cerisiers, abricotiers, pêchers. En avril les vallées, et particulièrement la vallée de l'Eyrieux, sont des tapis de fleurs roses et blanches. La vigne, souvent cultivée en terrasses, va du cru célèbre (St-Péray, Cornas) aux innombrables crus de pays. L'olivier n'est vraiment cultivé que dans les régions de Viviers et de Vans. En altitude moyenne, la forêt de châtaigniers prend la relève des cultures fruitières, mais cette production est en perte de vitesse du fait de la chute de la population paysanne; pourtant de quel renom jouissaient les marrons du Cheylard ! Encore plus haut, commence la forêt véritable avec les hêtres et les sapins. Les sapinières de Lalouvesc, de Bauzon, de St-Agrève, gagnent rapidement du terrain aux dépens des cultures. Il y a eu en Ardèche abondance d'eaux minérales; il suffit de citer, avec St-Laurent-les-Bains et sa trappe de Notre-Dame des Neiges, la station de Vals, au pied du château d'Aubenas qui surplombe l'Ardèche.

Arts, activités et économie

Le Vivarais n'est pas une région assez riche pour avoir de somptueux monuments. Ses innombrables petites églises se recommandent plutôt par la beauté de leur appareil, la poésie de leurs clochers-murs, leur situation pittoresque. Les monuments les plus importants sont dans la vallée du Rhône : le clocher de la cathédrale de Viviers, elle- même rebâtie en gothique flamboyant, le beau baptistère de Mélas, Champagne et ses trois portails, la précieuse abbatiale de Cruas, Bourg-Saint-Andéol où le culte des martyrs a supplanté celui de Mythra. Le plateau calcaire a encore de beaux édifices romans : Thines à l'appareil polychrome dans un site incroyable, Sauveplantade, Larnas. A la fin du 15ème c'est la floraison du gothique flamboyant des églises et des manoirs. Dès le haut Moyen Age le relief du pays a facilité la création de châteaux tenant les points de passage, depuis les forteresses de la vallée du Rhône : Rochemaure couleur de lave, l'immense Crussol en calcaire blanc que le jeune Bonaparte contemplait de Valence, Tournon, Châteaubourg où passa saint Louis, La Voulte-sur- Rhône, jusqu'aux nids d'aigle de la montagne, Ventadour; Mirabel, Rochecolombe, d'où partirent les Vogüé. La maison vivaroise, avec sa vigne et son "couradou" offre au soleil sa galerie à colonnes portant le toit, montée sur le grand arc qui sert d'entrée aux caves. Il y a des bourgs : Balazuc, Saint-Montand, Saint-Thomé, que l'on croirait des images de légende, conserveront-ils longtemps la patine des siècles ?

Drome

Superficie

6 525 km2

Point culminant

Roc de Garnesier (2 388 m).

Chef-lieu

Valence. 3 arrondissements, 35 cantons, 371 communes.

Population

414 072 hab. (recensement 1990)

Histoire

Dès le 4ème av. J.-C. la Drôme s'ouvrit au commerce grec. Au 2ème les Romains s'y heurtèrent aux peuplades celtiques, Segovellaunes, Allobroges et Voconces, avant de s'installer le long de la voie Agrippa et de la voie des Alpes. Après avoir été évangélisée au 3ème, la Drôme eut à souffrir de tous les envahisseurs, des Sarrasins notamment, qui remontaient la vallée du Rhône. Elle fit partie du royaume éphémère de Bourgogne avant de passer en 1302 sous la suzeraineté des empereurs germaniques. Vint ensuite une période de luttes féodales, à l'issue desquelles les comtes d'Albon, devenus Dauphins du Viennois, réunirent progressivement à leur domaine l'ensemble des seigneuries de la région pour constituer la province du Dauphiné. Celle-ci fut vendue en 1349 à la Couronne de France (depuis ce jour le fils aîné du roi portera le titre de Dauphin) par Humbert II, à l'exception du Diois et du Valentinois, réunis en 1419, et d'une partie de Montélimar, réunie en 1447. Au 16ème la Drôme souffrit cruellement des guerres de Religion et l'influence protestante y est demeurée vivace.

Géographie

La Drôme est un département de contrastes. Le nord participe encore du Dauphiné avec une grande partie du Vercors, les plaines ondulées de la Valloire et de la Galaure et les montagnes du Diois. Le sud est déjà provençal avec les Baronnies, le Tricastin et le Nyonsais. A l'est la montagne sauvage est vouée principalement au tourisme rural. L'ouest concentre la richesse avec les plaines céréalières, les vergers de la vallée du Rhône, les vignes et les primeurs. L'industrie se concentre à Valence, Romans, Montélimar: les complexes hydro-électriques et atomiques jalonnent le cours du Rhône.

Arts, activités et économie

C'est l'architecture qui constitue l'essentiel des églises drômoises, principalement dans le sud. Le Moyen Age nous a laissé aussi de nombreux villages fortifiés et des forteresses perchées, dont certaines embellies au 16ème sont parvenues jusqu'à nous. On admirera aussi les belles fermes fortifiées construites en "galets roulés" dans la vallée du Rhône, de proportions harmonieuses, ainsi que les merveilleux coloris ocre et rose, typiquement drômois, des constructions et des tuiles rondes. L'artisanat créateur s'affirme dans les villages qui se restaurent où, joint aux artistes, il anime la belle saison par des expositions et manifestations culturelles.                                                                                                                                  

Isere

Superficie

7 467 km2

Point culminant

Barre des Ecrins (3 987 m.).

Chef-lieu

Grenoble, 3 arrondissements, 58 cantons, 533 communes.

Population

1 016 228 hab. (recensement 1990)

Histoire

Le Dauphiné n'est pas une région naturelle, mais une création politique de ses princes Dauphins. Il a formé 3 départements : les Hautes-Alpes, la Drôme et l'Isère, tout en conservant une unité sociologique. L'Isère fut l'embryon puis le centre de gravité du Dauphiné. Le département fut d'abord occupé par des tribus celtes : Allobroges à Grenoble, Tricorii dans le Trièves, Ucenni en Oisans. La romanisation de ces peuplades comme du territoire s'effectua dès 62 av. J.-C. par la création d'une voie Mont- Genèvre.Grenoble.Vienne, et surtout par l'établissement de la grande métropole de Vienne. Les malheurs du bas Moyen Age n'épargnèrent pas la région avec les invasions franques, burgondes et peut-être sarrasines. Les Préalpes furent ensuite défrichées à l'époque de la renaissance monastique (la Grande-Chartreuse fut fondée en 1084). Dès le 10ème, les comtes d'Albon, petits seigneurs du Rhône, affirmèrent leur puissance, furent investis par l'empereur, prirent le titre de Dauphins avec Guigues IV au 12ème, et créèrent le Dauphiné. Humbert II céda ses Etats à la France en 1349 et désormais le fils de France portera le titre de Dauphin : Louis II, futur Louis XI, viendra gouverner la province où son souvenir reste encore vivace aujourd'hui. Le Dauphiné fut ensuite déchiré par les guerres de Religion, puis fort éprouvé par les guerres d'Italie et ensuite par celles de Louis XIV. En 1788 il manifesta sa prépondérance politique avec l'Assemblée de Vizille et fut en 1815 le théâtre du retour de l'île d'Elbe : la rencontre de Laffrey fit basculer la monarchie. Le département de l'Isère créé à la Révolution bénéficia ensuite de l'essor industriel et surtout du miracle de la "houille blanche". Il s'illustra par son patriotisme en prenant, notamment au Vercors, une part active à la Résistance pendant l'occupation allemande. Aujourd'hui l'Isère, et en particulier Grenoble, connaît une croissance économique, universitaire et touristique exceptionnelle.

Géographie

Le département de l'Isère s'étend en diagonale du nord-ouest au sud-est, selon un relief qui manque d'unité. Il appartient aux Alpes françaises dont on retrouve la structure. Au sud-est, le vieux massif cristallin Belledonne-Ecrins, entaillé par la vallée de la Romanche, forme la région de l'Oisans; c'est un pays de glaciers, dominé par de hauts sommets, de vallées profondes et étroites, de vastes alpages où se sont établies des stations de ski. Le centre du département est traversé par la longue et vaste dépression du "Sillon alpin", qui va de Chamonix à Gap, en bordure des massifs centraux cristallins; on y trouve les vallées de l'Isère (Grésivaudan), du Drac, les plateaux ondulés d'altitude moyenne du Trièves et de la Matheysine. Le Sillon alpin est dominé au nord et à l'ouest par les chaînons des Préalpes calcaires régulièrement plissées en longues falaises blanches (Vercors et Chartreuse), coupées de cluses transversales par les rivières qui rejoignent l'Isère; devant la barrière du Vercors, l'Isère s'infléchit pour rejoindre le Rhône vers Valence : son ancienne vallée est devenue la plaine de la Bièvre. Le nord-ouest du département a été recouvert par les moraines des glaciers quaternaires venus jusqu'à Lyon : c'est un pays de collines ondulées, dit "Terres froides" et "Terres basses". Le climat est froid et humide dans le nord, pluvieux sur les Préalpes, sec en Oisans. La population s'accroît globalement malgré le dépeuplement de la haute et moyenne montagne. L'Isère occupe le 11ème rang de l'économie et le 10ème de l'industrie qui est concentrée au nord et au centre du département; l'agriculture s'est mécanisée. L'Isère enfin est à la pointe du tourisme après en avoir été l'un des ancêtres : le premier syndicat d'initiative fut fondé en 1889 et les skis firent leur apparition en 1888; sa capacité d'accueil est très importante et elle partage avec les deux Savoie les plus beaux champs de neige et les stations les plus célèbres.

Arts, activités et économie

L'Isère n'est pas une région d'art. Le tempérament actif et industrieux des Dauphinois s'est surtout exercé à lutter contre les catastrophes naturelles et humaines de son histoire et à maîtriser une nature souvent difficile. Si la plupart de ses artistes vécurent au dehors (Berlioz, Stendhal, Fantin-Latour), la beauté de la nature en attira d'autres comme Jongkind et y fixa une école paysagiste. Vienne est la seule véritable ville d'art, à la fois romane et médiévale; Grenoble, s'exprime surtout par une architecture contemporaine; certains ensembles urbains, comme Crémieu, restent encore pleins de charme et à peu près intacts. Le premier art roman est surtout représenté par les églises royales (crypte 6ème de St-Laurent). Le gothique s'épanouit à Vienne, à St-Antoine, à Grenoble; les peintures à St-Chef et Laval, le vitrail à Champ-sur-Froges. Beaucoup de châteaux ne présentent plus que des vestiges, mais Virieu, Vizille, Sassenage, Septème ont conservé leur splendeur.

Loire

Superficie

4 474 km2

Point culminant

Pierre-sur-Haute 1 640 m.

Chef-lieu

Saint-Etienne. 3 arrondissements. 39 cantons. 327 communes.

Population

746 288 hab. (recensement 1990)

Histoire

Le pagus (circonscription rurale) des Segusiavii (villes principales : Condate devenue Lugdunum, au confluent Rhône-Saône, et Forum Segusiavorum, Feurs, dans la plaine du Forez) conserve son unité jusqu'en 1173. Les comtes, renonçant alors à Lyon au profit de l'archevêque, se retirent en Forez où ils établissent leur capitale : Montbrison. Le comté de Forez fut réuni à la Couronne par François 1er, à la mort du connétable de Bourbon. Le pagus est reconstitué dans la généralité de Lyonnais-Forez-Beaujolais, devenue en 1789 le département de Rhône-et-Loire. A la suite de la révolte de Lyon contre la Convention, le département de la Loire est créé le 19/11/1793 : chef-lieu à Feurs, puis à Montbrison et à St-Etienne depuis 1856. La partie nord du département, chef-lieu Roanne, a englobé une partie de l'ancien Beaujolais.

Géographie

Le département correspond à peu près au Comté de Forez. Son unité est faite par le cours de la Loire qui, au sud, n'est séparée du Rhône que par le massif du Pilat. On peut résumer sa composition ainsi : la plaine du Forez (Feurs, Montbrison) et la plaine de Roanne encadrée de montagnes granitiques; à l'ouest, l'Auvergne et les monts du Forez; à l'est les monts du Lyonnais et du Beaujolais qui plafonnent à 1000 m; au sud le Pilat et les Cévennes, massifs montagneux que prolonge la planèze rhodanienne. Le bassin houiller industriel de St-Etienne-St-Charnond se situe entre Rhône et Loire. Il représente l'activité économique du département, complété par l'élevage charolais dans les régions de plaine et de basse montagne, ainsi que par les vignobles et les vergers du Forez viennois.

Arts, activités et économie

La préhistoire, comme la protohistoire, sont moins représentées ici que dans le reste du Massif central. L'époque gallo-romaine nous a laissé l'aqueduc du Gier et les vestiges de Feurs. On distingue ensuite 2 principales périodes artistiques : l'époque romane (églises de Champdieu, Charlieu, Pommiers, Bourg-Argental, St-Rarnbert, La Bénisson-Dieu), et le gothique flamboyant des 15ème/16ème qui s'exprime à travers quantité d'églises, de chapelles et de manoirs. Le gothique classique est moins fourni (Montbrison, Charlieu), ainsi que la Renaissance (Bastie-d'Urfé, Chevrières). La sculpture sacrée s'est illustrée jusqu'à la fin du 17ème, ainsi que le vitrail au 15ème. Des unités d'architecture, médiévales et Renaissance, sont parvenues jusqu'à nous à peu près intactes (Charlieu, St-Bonnet-le- Château, Montbrison, St-Haon-le-Châtel, Crozet, St-Galmier). Les belles fermes traditionnelles du Jarez sont de vastes quadrilatères fermés, qu'Emile Mâle comparait à des camps romains. On retiendra aussi les maisons à galeries de bois du pays d'Urfé.

Rhone

Superficie

3 215 km2

Point culminant

mont St-Rigaud (1 012 m).

Chef-lieu

Lyon. 2 arrondissements. 41 cantons. 293 communes.

Population

1 508 966 hab. (recensement 1990)

Histoire

Région de passage, les pays du Rhône furent occupés a l'époque celtique par les Ségusiaves. En 43 av. J.-C. les Romains fondèrent l'important centre de Lugdunum, qui, deux siècles plus tard, devait abriter les premiers adeptes du christianisme en pays gallo-romain et bientôt ses premiers martyrs (st Pothin, ste Blandine, st Irénée). Le Rhône subit au 5ème les invasions barbares et la présence des Burgondes. La Burgondie fut en 534 rattachée par les fils de Clovis au royaume franc. En 1032 Lyon, sous le pouvoir de l'archevêché, était intégré au St Empire romain germanique alors que les comtés du Forez et du Beaujolais restaient a la couronne de France. Ce n'est qu'en 1312 que Philippe le Bel annexa la cité. Soumis a la centralisation monarchique, le Lyonnais devint une province que rien ne distingua jusqu'à la Révolution; celle-ci, associant le Rhône et la Loire, créa un seul département qui se scinda en 1793. Après "terreur rouge" et "terreur blanche", la légion s'épanouit avec l'industrialisation du 19ème. Le 20ème vit se renforcer sa prospérité économique. Par ailleurs Lyon, devenu la capitale de la Résistance, magnifiait ses traditions historiques faites de lunes tenaces illustrées par la devise des Lyonnais : "Avant, avant, Lyon le Melhor" nuancée par celle des Beaujolais : "A tout venant, beau jeu".

Géographie

La presque totalité du département du Rhône fait partie de l'escarpement oriental du Massif centré. Au sud, des crêtes étroites et continues, de 800 a 900 m, dominent par des pentes abruptes le plateau lyonnais, banquette régulière de 200 a 300 m au-dessus du Rhône. Au nord, le Beaujolais, ensemble de hauts plateaux, de dômes, de pyramides dont certaines dépassent 1 000 m, rappelle les Vosges. Le climat est relativement tempéré : l'été assez sec, l'hiver froid mais avec un modeste enneigement. Le vent du midi souffle parfois avec violence et l'on note les apparitions épisodiques du fameux brouillard lyonnais dans les vallées de la Saône et du Rhône.

Arts, activités et économie

Si les témoignages du passé fourmillent, il est difficile de définir pour le Rhône les limites d'une "province artistique": la région des monts du Lyonnais et du Beaujolais, zone de passage et d'échanges, s'est formée grâce a l'expansion de la métropole voisine et c'est a Lyon, "capitale des Gaules" que se regroupe la plus grande partie des trésors régionaux. Il existe aussi alentour des vestiges de la période romaine, les profils des châteaux médiévaux des comtes du Lyonnais et du Forez, des sires de Beaujeu, des abbés d'Ainay et de Savigny, des monuments romans du Beaujolais et classiques d'Irigny, Juliénas, Millery, etc. Lyon enfin reste a la pointe de la vie culturelle, artistique et littéraire traditionnelle, comme a celle de l'art contemporain.

Savoie

Superficie

6 035 km2

Point culminant

La Grande Casse (3 852 m).

Chef-lieu

Chambéry. 3 arrondissements, 34 cantons, 305 communes.

Population

348 261 hab. (recensement 1990)

Histoire

Peuplée dès la protohistoire, la Savoie antique a vivement intéressé les Romains qui l'occupèrent dès le 1er av. J.-C. (célèbre voie romaine Vienne-Milan par le Petit-Saint- Bemard). Au 5ème, les invasions barbares, qui succèdent à la déchéance romaine, implantent en Savoie un éphémère royaume burgonde qui passe ensuite aux Mérovingiens. La succession de Charlemagne attribue la Savoie au couloir lotharingien. Au 10ème, le comte Humbert-aux-Blanches-Mains fonde la Maison de Savoie qui devient duché en 1416. Ce grand Etat savoyard se développe vers l'Italie du Nord : les ducs transportent leur capitale de Chambéry à Turin en 1563. Province du royaume Piémont-Sardaigne, annexée par la 1ère République et l'Empire, redevenue sarde, la Savoie plébiscite son retour à la France en 1860, par 130 533 "oui" contre 235 "non". La Savoie a conservé son caractère, son identité et ses traditions au sein de la "grande nation".

Géographie

La Savoie se situe dans les grandes Alpes du Nord, gardée par des "portes" naturelles dont seul le Sillon alpin offre un accès facile. On distingue trois régions naturelles : la Savoie des plaines et des Préalpes (abords du Rhône, cluse de Chambéry, Sillon alpin); la vallée de la Maurienne, d'Aiguebelle au col de l'Iseran, transit naturel avec l'Italie, région montagneuse reliant les Alpes dauphinoises au massif valdotain; la vallée de la Tarentaise, sanctuaire de la montagne avec la Vanoise et les sports d'hiver. Façonnée par l'érosion glaciaire, la Savoie est sillonnée d'un réseau de routes pénétrant au coeur de tous les massifs. L'énergie hydro-électrique utilise largement les rivières torrentueuses et y a développé une industrialisation active, avec ses contreparties inesthétiques et polluantes. L'agriculture en forte diminution se cantonne surtout dans l'élevage, mais l'économie savoyarde se compense largement par le tourisme d'hiver et aussi d'été (40% du ski français, stations les plus prestigieuses). Enfin la Savoie se distingue par : le plus grand lac français (le Bourget), le plus haut col et la plus haute route (l'Iseran), le plus important établissement thermal (Aix-les-Bains), le plus long tunnel ferroviaire (le Mont-Cenis), la plus grande usine d'aluminium (St-Jean-de- Maurienne), les plus nombreuses centrales électriques, le 1er parc naturel (la Vanoise), les plus vastes domaines skiables au monde (300 km2).

Arts, activités et économie

Les artistes se sont exprimés en Savoie dès l'antiquité (basilique d'Aime, musées de Lanslevillard et Moûtiers). Le Moyen Age s'est marqué par des sanctuaires romans, peu nombreux mais remarquables, et surtout par les extraordinaires peintures murales de haute Maurienne et de haute Tarentaise. Mais l'art savoyard atteint son apogée avec ses propres écoles à l'époque baroque, du 16ème au 18ème : art monumental et rutilant le plus recherché, retables immenses, sculptures magnifiques, statues polychromes sévères ou naïves, débauche de dorures se retrouvent aussi bien dans les cathédrales que dans les plus humbles chapelles de montagne. L'artisanat, tant sous une forme rurale traditionnelle que créatrice, se développe parallèlement à la croissance du tourisme.

Haute-Savoie

Superficie

4 391 km2

Point culminant

le Mont Blanc 4 807 m.

Chef-lieu

Annecy. 4 arrondissements. 33 cantons. 291 communes.

Population

568 286 hab. (recensement 1990)

Histoire

Institué en 1860, le département de la Haute-Savoie réunit les trois mini-provinces de Genevois, Faucigny et Chablais. La première est l'ancien domaine des comtes de Genève (9ème-15ème) qui, évincés de leur première résidence, firent d'Annecy au 12ème leur capitale de fait, rejoints en 1536 par le clergé genevois qui fuyait la Réforme. Le Faucigny tient son nom d'un vieux château dont les seigneurs étendaient leur pouvoir sur toute la vallée de l'Arve et créèrent Bonneville au 13ème. C'est par le Chablais que la maison de Savoie s'implanta au 11ème sur les rives du Léman avant de réunir progressivement tout le territoire sous son autorité, qu'Amédée VIII, le duc- pape "ermite de Ripaille", portera à son apogée au 15ème. Au 16ème Emmanuel- Philibert transféra sa capitale à Turin. En 1713 Victor Amédée II ceindra la couronne royale de Sicile. Occupé temporairement par les Français en 1536, 1630, 1690, le pays se ralliera à la France en 1792. Après la parenthèse d'une restauration ou "buon governo" piémontais, il entrera définitivement en 1860 dans l'hexagone. En mars 1944, les durs combats du plateau des Glières illustreront la fidélité des Haut- Savoyards.

Géographie

C'est le pays du mont Blanc (4 807 m) et des Préalpes, mais aussi des lacs (Léman, Annecy) avec la vaste et industrieuse vallée de l'Arve et l'avant-pays dont l'agriculture souffre moins d'un manque de ressources que d'une conjoncture défavorable. Le tourisme "exotique" est né à Chamonix au 18ème, avec la visite des "glacières". Le thermalisme s'est développé au 19ème avec Evian, La Caille, etc. Aujourd'hui le tourisme d'été et le ski (piste et fond) sont l'occasion de pacifiques invasions. Haut- Savoyards de souche, d'adoption et d'occasion font bon ménage. Ils seraient mal venus de faire autrement, bénéficiant ensemble d'un des plus beaux pays du monde. Si la vie d'alpage, source d'une ancienne vie communautaire, a souffert d'une fâcheuse dèsaffection, les vaches d'Abondance restent un élément essentiel du paysage haut-savoyard. Les forêts de conifères couvrent de vastes espaces et les cultures fruitières prospèrent dans les micro-climats. La vigne donne les célèbres vins secs ou pétillants de Haute-Savoie. Enfin et surtout, la nature s'exprime dans toute sa plénitude, sa variété et sa grandeur. Il est impossible d'énumérer ou de décrire ces sites, souvent intacts, aussi variés que nombreux, dont l'énoncé à chaque rubrique communale est bien insuffisant pour en décrire la beauté.

Arts, activités et économie

Le patrimoine artistique est moins spectaculaire que dans d'autres régions : il se découvre peu à peu au cours d'une patiente exploration. La préhistoire (2 dolmens, plusieurs cités "lacustres" ) et l'occupation romaine ont laissé de nombreuses traces que la récente urbanisation permet de découvrir souvent trop tard. Le Moyen Age nous vaut de robustes églises et de nombreux châteaux. Les 17ème et 18ème furent l'âge d'or du baroque, surtout dans les pays de montagne où les libéralités d'émigrants enrichis réalisèrent parfois des constructions sans commune mesure avec les ressources locales. Enfin la période "sarde", d'inspiration germanique, où se restaurent la plupart des clochers à bulbe caractéristiques de la région, est aussi celle d'un style d'inspiration italienne, un peu froid, mais non dépourvu de mérite.

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